La « Plateforme pour sortir du désastre carcéral », dont fait partie le CAL, s’oppose depuis le début du projet à la construction de la méga-prison à Haren (Bruxelles). Les raisons sont multiples : mise à mal des droits de la défense, nuisances environnementales sévères, mobilité… Aucune de ces objections ne semble être entendue par le Gouvernement : l’État fédéral s’obstine dans ce projet aberrant aux implications financières extrêmement lourdes. Celles-ci sont liées au choix d’un partenariat public-privé pour exploiter la plus grande prison du pays. Ce méga-projet grèverait les finances de l’Etat durant 25 ans. Pour la Plateforme, le temps est venu pour le débat démocratique et le contrôle parlementaire. Ce mardi 12 janvier, elle présentait à la presse une proposition de résolution pour faire toute la clarté sur le financement des nouvelles prisons.
Cette proposition de résolution, qui a été signée par six députés du Parlement fédéral, demande un audit de la Cour des comptes sur le financement en partenariat public-privé (PPP) des « prisons modernes » de Belgique. Ce type de financement alternatif a fait l’objet de critiques aussi bien en Belgique qu’à l’étranger. En 2012, en Belgique, l’institut des comptes nationaux soulignait l’impossibilité de connaître avec clarté les risques qui pèsent sur le secteur public quant à cette forme de financement. En France, il a été démontré que les indemnités annuelles octroyées par l’Etat aux prestataires privés sont 2 à 3 fois plus élevées que lorsqu’un établissement carcéral relève entièrement du public.
Aujourd’hui, pour le projet de méga-prison à Haren, seuls les coûts d’acquisition du terrain (53 millions d’euros) et de construction (330 millions d’euros) sont connus. Les coûts d’entretien, d’exploitation et de fonctionnement de la prison projetée sur le site de Haren, dont on sait qu’ils auront une durée minimale de vingt-cinq-ans, restent inconnus.
C’est pourquoi la Plateforme sollicite un audit de la Cour des comptes permettant une évaluation approfondie du choix de la formule PPP pour la réalisation des prisons qui ont d’ores et déjà été construites dans le cadre des Masterplans et pour les projets de construction à venir, en particulier celui portant sur la plus grande prison du pays sur le site de Bruxelles-Haren.
Pour rappel, les principales demandes de la Plateforme sont, d’une part, le gel de l’exécution des Masterplans prisons avec une évaluation complète de la situation et, d’autre part, l’adaptation de l’appareil pénal pour réduire l’enfermement. Par ailleurs, la Plateforme s’oppose à l’implantation d’une prison bruxelloise loin du centre-ville et du Palais de Justice ainsi qu’à l’implantation d’une prison sur un espace vert. Elle demande dès lors de programmer la fermeture de la prison de Forest et le maintien de l’emplacement des autres prisons existantes dans le centre urbain.
Plus d’infos : www.harenunderarrest.be
