La laïcité

La laïcité

Un principe humaniste au service des libertés

La laïcité est le principe humaniste qui permet à toutes et tous de vivre librement leurs convictions, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou non confessionnelles. Elle garantit que l’État demeure impartial et que chacune et chacun bénéficie des mêmes droits et des mêmes libertés, quelles que soient ses convictions.

La laïcité n’est ni une religion, ni une philosophie parmi d’autres, ni un substitut aux religions. Elle constitue le cadre commun qui permet la coexistence pacifique des convictions dans une société démocratique, en protégeant la liberté de conscience, l’égalité et les droits humains.

Notre définition de la laïcité

La laïcité est le principe humaniste qui fonde le régime des libertés et des droits humains sur l’impartialité du pouvoir civil démocratique dégagé de toute ingérence religieuse. Elle oblige l’État de droit à assurer l’égalité, la solidarité et l’émancipation des citoyens par la diffusion des savoirs et l’exercice du libre examen.

Article 4 des statuts du Centre d’Action Laïque

Adoptée par le mouvement laïque en 2016, cette définition clarifie ce qu’est la laïcité et distingue le principe lui-même des actions menées pour le faire vivre. Elle rappelle que la laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres, mais le cadre qui garantit à chacune et chacun la liberté de croire, de ne pas croire, de changer de conviction ou de n’en revendiquer aucune.

Une spécificité belge

Rien ne prédisposait le mouvement laïque à devenir une entité officiellement reconnue par les pouvoirs publics belges. C’est la dynamique associative, la volonté de rassembler ce qui était épars afin d’assurer la promotion et la défense de la laïcité, qui a conduit à la fondation du Centre d’Action Laïque en 1969. Ce n’est qu’ensuite que les autorités belges ont reconnu la communauté philosophique non confessionnelle et lui ont confié une mission d’assistance morale, aujourd’hui inscrite dans la Constitution.

Cette reconnaissance constitue une spécificité de la Belgique. Elle ne porte pas sur une croyance ou une doctrine, mais sur une mission de service à la population : l’assistance morale laïque.

L’assistance morale: la laïcité en actions

Pour le mouvement laïque, la laïcité n’est pas seulement un principe à défendre. Elle est un principe à mettre en pratique.

Le mouvement laïque – le Centre d’Action Laïque, ses régionales et les nombreuses associations qui le composent – décline ce principe en pratiquant l’assistance morale laïque. 

L’assistance morale laïque s’adresse à l’ensemble des personnes qui se reconnaissent dans les valeurs promues par la laïcité organisée. Elle consiste à aider les personnes à (re)trouver le bien-être et à leur permettre d’accéder au bonheur ici et maintenant. Elle mise sur la capacité de chaque femme et de chaque homme à assumer des choix éclairés pour une vie personnelle épanouie, hors de toute forme de conditionnement. 

Les valeurs promues par la laïcité organisée s’inscrivent dans la droite ligne des droits fondamentaux énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elles privilégient l’intelligence rationnelle, permettent à chacune et chacun de penser librement et de se forger sa propre opinion. L’assistance morale pratique le libre examen, se fonde sur une relation d’égalité et sur la reconnaissance de l’autre dans sa différence, sans discrimination. Elle ne fait appel à aucune doctrine, aucune croyance ni aucun dogme. Sa vocation est avant tout émancipatrice.

L’assistance morale laïque peut prendre des formes très variées, de l’aide individuelle aux mobilisations collectives. Elle s’exprime au travers d’actions de terrain, de rencontres, de productions médiatiques, de formations ou encore de campagnes citoyennes, mais toujours avec une même ambition : favoriser l’autonomie, la responsabilisation des personnes et la recherche de sens.

Un principe qui se traduit en actions

L’assistance morale se décline dans de nombreux domaines de la vie sociale : l’enseignement, l’aide à la réussite scolaire, le tutorat, l’animation jeunesse, l’aide à la jeunesse, la vulgarisation des connaissances scientifiques, la sexualité et le planning familial, les assuétudes, les activités avec les personnes âgées, l’assistance morale dans les hôpitaux et les maisons de repos, l’assistance morale à l’armée, l’assistance morale en prison, l’aide aux justiciables et aux victimes, la promotion de l’interculturalité, l’insertion sociale, la coopération au développement, la lutte contre la précarité, l’exclusion, les injustices et les inégalités, etc. Les associations du mouvement laïque sont également impliquées dans l’organisation de cérémonies laïques ainsi que dans la diffusion et la promotion des valeurs laïques et de la pratique philosophique.

Parce que les enjeux évoluent, le mouvement laïque agit également sur les grands défis contemporains afin de faire progresser une société plus libre, plus juste et plus solidaire. Les combats qu’il porte ne constituent pas une fin en soi : ils participent de cette même mission d’assistance morale et d’émancipation.

Face à celles et ceux, qui soumis à des croyances ou appartenances identitaires essentialisées, s’opposent au processus d’universalisation des droits humains, la laïcité s’enrichit de la diversité des modes de vie et de pensée individuels, y promeut le débat et permet la coexistence pacifique universelle des communautés cultuelles, culturelles, idéologiques ou ethniques qui offriraient les mêmes garanties.

L’accompagnement moral laïque individuel

Le mouvement laïque assure l’accompagnement moral laïque individuel. Cet accompagnement – souvent appelé assistance morale individuelle – est un concept qui, de simple « aumônerie séculière » au départ, a su se développer pour englober un grand nombre d’actions dont les objectifs communs sont l’autonomie et la liberté de l’individu. 

L’éducation permanente

Le mouvement laïque utilise, entre autres vecteurs d’action, celui de l’éducation permanente. En effet, l’éducation permanente repose sur des principes et méthodes de l’éducation qui visent à favoriser les objectifs de l’assistance morale laïque: l’émancipation individuelle et collective, l’émergence d’une citoyenneté critique ou la transformation de la société par la concrétisation des droits et libertés fondamentales en sont de bons exemples. Ainsi, le CAL est agréé par la Fédération Wallonie-Bruxelles en tant que mouvement d’éducation permanente. Il développe dans ce cadre des stratégies et des projets de sensibilisation et de formations citoyennes destinées aux adultes.

Les combats du mouvement laïque

Dans le cadre de l’assistance morale laïque, le mouvement laïque porte des combats dont le but est l’évolution de la société dans un sens plus libre, plus juste et plus solidaire. Si la modernité a progressé, de nouveaux enjeux sociétaux se présentent. Certains acquis se fragilisent face aux assauts de néo-conquistadors aux idéologies traditionalistes, dogmatiques ou fondamentalistes. Depuis la création du Centre d’Action Laïque en 1969, nos sociétés ont évolué pour des raisons à la fois structurelles (augmentation de la population, flux migratoires, changements climatiques), mais également liées à l’évolution des connaissances scientifiques et des mentalités.

Face à celles et ceux qui soumis à des croyances ou appartenances identitaires essentialisées s’opposent au processus d’universalisation des droits humains, la laïcité s’enrichit de la diversité des modes de vie et de pensée individuels, y promeut le débat et permet la coexistence pacifique universelle des communautés cultuelles, culturelles, idéologiques ou ethniques qui offriraient les mêmes garanties.