Un peu d’histoire

Une longue histoire de liberté et d’émancipation

Le mouvement laïque n’est pas né en 1969.

Ses racines plongent dans plusieurs siècles d’histoire, au fil des combats menés pour la liberté de conscience, la diffusion des savoirs, l’émancipation des individus et la séparation des pouvoirs civils et religieux.

Des philosophes des Lumières aux grandes réformes démocratiques, en passant par le développement de l’enseignement public et des mouvements d’éducation populaire, ces idées ont progressivement façonné une conception humaniste de la société, fondée sur le libre examen, l’égalité et la responsabilité de chacune et chacun.

Des associations avant un mouvement

En Belgique, ces valeurs ont d’abord été portées par une multitude d’associations.

Certaines œuvraient dans l’enseignement, d’autres dans la culture, la jeunesse, l’action sociale, la diffusion des connaissances scientifiques ou encore l’accompagnement moral.

Toutes partageaient une même conviction : permettre aux personnes de construire librement leur existence et contribuer à une société plus juste et plus solidaire.

Pendant de nombreuses années, ces associations ont agi indépendamment les unes des autres, tout en poursuivant des objectifs largement convergents.

Rassembler ce qui était épars

À la fin des années 1960, de nombreuses associations laïques partagent déjà les mêmes valeurs et poursuivent des objectifs convergents. Une évidence s’impose progressivement : elles gagneraient à unir leurs forces afin de porter une parole commune et de développer ensemble une véritable action laïque organisée.

L’incendie du grand magasin L’Innovation, à Bruxelles, le 22 mai 1967, marque un tournant. La catastrophe, qui coûte la vie à plus de 250 personnes, met en lumière l’absence d’une organisation capable d’offrir une assistance morale aux personnes non croyantes confrontées au deuil, à la souffrance ou aux grandes étapes de la vie.

Cet événement agit comme un véritable catalyseur. Deux ans plus tard, en 1969, les associations laïques francophones fondent le Centre d’Action Laïque (CAL) afin de fédérer leurs actions, de représenter le mouvement et de développer une mission commune d’assistance morale.

Le CAL ne remplace pas les associations existantes. Il les rassemble, coordonne leur action lorsque cela est nécessaire et leur permet de porter ensemble les valeurs de la laïcité. Cette création marque une étape décisive dans la structuration du mouvement laïque en Belgique francophone.

Une reconnaissance originale en Belgique

L’histoire du mouvement laïque belge présente une particularité rarement rencontrée ailleurs en Europe.

À la suite de son développement et de son rôle croissant dans la société, la communauté philosophique non confessionnelle est progressivement reconnue par les pouvoirs publics. 

Cette reconnaissance ne porte pas sur une croyance ou une doctrine. Elle consacre une mission d’assistance morale destinée aux personnes qui se reconnaissent dans les valeurs de la laïcité.

Elle permet au mouvement laïque de développer un accompagnement moral dans les prisons, les hôpitaux, les maisons de repos, les forces armées et dans de nombreux autres lieux de vie, tout en poursuivant ses actions d’éducation permanente, de sensibilisation et de défense des droits humains.

Une histoire qui continue de s’écrire

Depuis sa création, le mouvement laïque a accompagné de nombreuses évolutions de la société belge.

Il a contribué à faire progresser les libertés individuelles, les droits des femmes, la reconnaissance des personnes LGBTQIA+, les droits des patients, la dépénalisation de l’avortement, l’euthanasie, le développement de l’assistance morale ou encore l’accès à une éducation émancipatrice.

Aujourd’hui encore, il continue d’agir face à de nouveaux défis : montée des extrémismes, désinformation, intelligence artificielle, justice climatique, discriminations ou encore fragilisation de certains droits fondamentaux.Si les enjeux évoluent, l’ambition demeure la même : permettre à chacune et chacun de vivre librement, de penser par soi-même et de construire une société plus juste, plus solidaire et plus démocratique.