En janvier 2026, le Centre d’Action Laïque relayait les inquiétudes suscitées par l’un des angles morts de la réforme du chômage: le risque de priver d’allocations certains aidants proches alors que leurs responsabilités d’aidance limitent ou empêchent leur activité professionnelle.1
Une mesure transitoire a depuis été adoptée. Sous certaines conditions, les aidants proches concernés peuvent obtenir un report de la fin de leur droit aux allocations, pour une durée maximale de douze mois. Cette réponse a permis d’éviter certaines exclusions immédiates, mais elle ne règle le problème qu’à court terme.2
Ces derniers mois, des avancées ont toutefois été enregistrées. Depuis le 1er juillet, le congé pour aidant proche a été allongé et assoupli. Le plan fédéral présenté en juin prévoit également de simplifier la reconnaissance du statut, de mieux informer les aidants proches et de faciliter leur accès à l’aide psychologique de première ligne. Il accorde aussi une attention particulière aux jeunes aidants et à la place des aidants proches dans le parcours de soins.3
Ces avancées ne répondent malgré tout pas encore à la question du revenu des aidants proches qui arriveront au terme du régime transitoire.
Une coordination encore à concrétiser
Ce 1er octobre, en pleine Semaine des Aidants Proches, les débats au parlement fédéral ont confirmé que le travail se poursuivait, sans pour autant qu’un calendrier précis soit encore fixé.4 Par ailleurs, aucun dispositif garantissant un revenu après la fin du régime transitoire n’a encore été annoncé. Quelles que soient les pistes évoquées, exclure les aidants proches avant qu’un autre dispositif leur garantisse un revenu ne constitue pas une solution.
La répartition des compétences entre l’État fédéral et les entités fédérées est une réalité. Elle rend indispensable une coordination effective entre les différents niveaux de pouvoir. Le plan d’action fédéral constitue une première étape, mais il reste à préciser comment cette coordination répondra aux besoins des aidants proches arrivant au terme de leurs allocations.Concrètement, dans quelques mois, certaines personnes risquent de perdre leurs allocations alors qu’elles continueront à prendre soin d’un enfant en situation de handicap, d’un conjoint gravement malade ou d’un parent en perte d’autonomie.
Pour le Centre d’Action Laïque, cette situation touche directement à l’autonomie, à l’égalité et à la solidarité. Accompagner un proche ne devrait pas conduire à perdre son revenu et ses droits sociaux.
Dans son mémorandum 2024, le Centre d’Action Laïque plaidait déjà pour « visibiliser et renforcer le statut d’aidant proche et de jeune aidant proche »5. Cette revendication reste pleinement d’actualité. La fin du régime transitoire pose aujourd’hui une question concrète: celle du maintien d’un revenu et des droits sociaux des personnes concernées.
Le Centre d’Action Laïque continuera de suivre ce dossier avec attention. Une réponse coordonnée entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées doit être apportée avant l’expiration du dispositif transitoire. Les aidants proches ne peuvent faire les frais du partage des compétences.
- Centre d’Action Laïque, Être aidant proche, au risque d’une sanction sociale? ↩︎
- ONEM, Régime adapté pour les chômeurs complets qui sont aidants proches ↩︎
- Gouvernement fédéral, Plan d’action Aidants proches, 23 juin 2026; SPF Emploi, Allongement et flexibilisation du congé pour aidants proches à partir du 1er juillet 2026 ↩︎
- Chambre des représentants, compte rendu intégral de la séance du 1er octobre 2026, pp. 12 à 15. ↩︎
- memorandum2024.laicite.be/droits-humains-et-democratie/sante/ ↩︎
